Comment gérer au mieux les nuits et le sommeil de bébé ?

Dernière mise à jour : nov. 18



Ça y est le grand jour est arrivé, bébé est né. « Vous êtes au comble de la joie ! » En fait pas toujours… Les nuits sont difficiles, le sommeil de bébé difficile à gérer, la fatigue gagne les parents et commence même à les mettre sur les nerfs. Sans compter le baby blues pour certaines mamans. Comment gérer au mieux les nuits et le sommeil de bébé ?

Pour répondre à cette question, j’ai choisi d’interviewer Caroline, qui depuis plus de 20 ans s’occupe de nourrissons sortant de la maternité. Oui, alors qu’on se trouve déjà hyper forte d’avoir assuré les 10 premières nuits de notre bébé, eh bien elle, c’est plus d’un millier de nuits qu’elle a assurées. Son métier ? Maternity nurse. Elle soulage les parents la nuit, à leur domicile, en assurant les biberons et les soins de leur bébé. Caroline me parle avec le visage rayonnant et la douceur d’une maman.


CPMHK : Alors comment se sentent les mamans et les papas à l’arrivée du bébé ?


Caroline : Souvent, on décrit l’arrivée d’un nouveau-né comme une période de plein de bonheur, alors que la réalité peut-être mitigée. Montée des hormones, fatigue, il en faut peu pour qu’au retour chez soi, le premier coup de clé dans la serrure suffise à la Maman et au Papa parfois pour paniquer un peu. « Comment vais-je y arriver ? ». La responsabilité semble une montagne.


CPMHK : Comment se passe les premières nuits de sommeil bébé, en générale ?


Caroline : Il n’y a pas de règle. Mais par exemple, si votre enfant boit à 22h, le temps de le faire boire et qu’il fasse son rot, il est 23h. Puis vous devez vous réveiller à 2h du matin, le reposer à 3h, vous réveillez à 5h, puis 8h. Les plus fatigants des voyages d’affaires ne sont rien comparés à ces nouvelles nuits ! Sans compter que le bébé peut aussi réclamer son biberon toutes les 3h, mais comme cela peut prendre une heure (rot et change compris) de le lui donner, finalement vous êtes sollicité toutes les 2h ! Et si vous allaitez, c’est encore plus rapproché…


CPMKH : Est-ce très différent d’un bébé à l’autre ?


Caroline : Oui très différent ; chacun des bébés à son propre rythme, il faut donc à chaque fois s’adapter. Il y a des bébés plus zen que d’autres. D’ailleurs, il arrive que des parents angoissés, tendus, communiquent leur stress à leur nourrisson. D’où l’importance de se ménager quand on en a la possibilité. Ma présence permet aux parents de reprendre des forces physiques et morales.


CPMHK : Par exemple pour vous, une nuit qui est plus difficile qu’une autre c’est quoi ?


Caroline : C’est quand le bébé confond le jour et la nuit, que le sommeil bébé est compliqué ! Par exemple, il ne se rendort pas entre deux tétés la nuit.

CPMHK : Comment faites-vous pour le faire arrêter de pleurer ?


Caroline : Donc, je déroule d’abord ma petite check-list. A-t-il trop chaud ? Trop froid ? Est-ce que la couche a été changée ? Est-ce que le dernier biberon était il y a plus de trois heures ? Car c’est important de bien attendre trois heures avec de lui redonner. On compte les trois heures à partir du commencement du précédent biberon (Il n’y a pas cette contrainte quand on donne le sein). Si la check-list a été passée en revue et qu’il pleure toujours, c’est qu’à priori il a besoin d’un câlin ! Alors je le berce (il est encore trop petit pour avoir de mauvaises habitudes, donc n’ayons pas peur de le bercer) et utilise d’autres moyens. Je lui caresse la tête quand il est dans son berceau, je peux lui mettre de la musique ou projeter une veilleuse lumineuse au plafond, l’emmailloter, mettre sa tête contre la paroi haute du lit, lui parler, le changer de position, etc. Bien sûr, les bébés ont aussi un besoin de sussion, la tétine aide beaucoup, les premiers mois, à l’apaiser.


CPMHK : Avez-vous des astuces pour faciliter le biberon et le rot ?


Caroline : Généralement lui donner le biberon prend environ 20 à 30 minutes (toujours attendre au moins trois heures avant de lui donner) (ndlr : Caroline est nounou, donc n’allaite pas). Une fois qu’on lui a donné le biberon, il est bien de garder le nourrisson à la verticale 20-30 minutes encore, le temps qu’il fasse son rot. Concernant le rot, le bébé peut faire un rot de « camionneur », mais peut aussi faire un rot « interne ». Le rot interne n’est pas évident à percevoir, c’est un rot bouche fermé, délicat, c’est comme un début d’hoquet. S’il ne fait pas son rot, on peut l’aider à le faire, en faisant le « balancier ». On le prend dans les bras, on le redresse à la verticale contre nous, puis on plie les genoux et doucement, on l’incline vers l’horizontale (comme quand on lui donne le biberon, position sur le dos). On peut aussi le poser délicatement sur la table à langer, sans oublier de mettre un petit coussin (ou une serviette enroulée) sous le matelas pour que le bébé ait la tête relevée. Souvent le passage de la position verticale à la position horizontale, l’aide à faire son rot.


CPMHK : Il y a quand même des bébés qui ont mal au ventre, donc c’est plus difficile à gérer, non ?


Caroline : Il y a des petits remèdes en pharmacie (avec l’accord de votre pharmacien) qui peuvent soulager le bébé. Notamment une solution à base de fleur d’oranger et fenouil, qui, je trouve, marche très bien. Et ce qui l’apaise aussi c’est un petit massage autour du nombril : juste avec trois doigts, tournez délicatement dans le sens des aiguilles d’une montre.


CPMHK : Le fait qu’une personne différente de sa maman s’occupe du bébé la nuit a-t-il un impact négatif sur le bébé ?